août 28, 2008

Le retour des Gremlins

De retour au bercail après un passage en hexagone, je trouvais finalement qu’on est bien au Vietnam.

Malgré une inflation galopante (28% yoy en Août, mais avec un mois de mai à 4% à lui tout seul), malgré une économie qui paie maintenant cher la subvention des carburants (le gouvernement a déboursé déjà le double de toute l’année dernière et jette l’éponge), on est bien au Vietnam: au bout du compte, la fantaisie ambiante quant aux règles de la route, aux règles tout court, c’est un peu un coup d’air quand on vient de la sclérose hexagonale.

Mais là, quand-même…

Hier, un camion porte-container qui speedait sur la 1A dans le deuxième arrondissement de Saigon a passé un nid de poule qui devait être maousse, nous dit Tuổi Trẻ ce matin, et le container de 20 pieds s’en est détaché pour atterrir sur un café d’où heureusement tout le monde s’est échappé à temps. Éventré dans l’accident, le container a répandu une vingtaine de tonnes d’un liquide huileux. Y trouvant une aubaine, les gens du coin se sont, je cite, empressés de collecter cette huile et de la mettre dans des bidons et des fûts pour la vendre sur place comme lubrifiant. La grande foire du qui-qu’en-veut.

Bande de Gremlins! Le container provenait de Bayer, la grande société pharmacochimique, et contenait non pas du lubrifiant mais du styrène ou autre, prêt à concaténer pour faire de la mousse. Heureusement que ce n’était pas un médicament en vrac, ou du DDT concentré. Coup de chance. Ne parlons même pas de Bayer, qui transporte ce genre de produits apparemment sans marquages et dans des bâches juxtaposées dans un container.

Une petite pensée quand-même pour les gusses qui ont saisi leur moteur après la vidange!

Nem Chua

août 26, 2008

Livre de chevet : “Cochinchine”.

Voici un de mes livres de chevet, qui me fit aimer le Viêtnam avant de le connaître vraiment : il s’agit du récit, publié en 1926, du voyage effectué un an plus tôt au Viêtnam par un Français, Léon Werth. Disons-le d’emblée, ne vous fiez pas à son titre qui peut fleurer son “Indochine-perle-de-l’Empire” : Cochinchine est un chant d’amour autant qu’un pamphlet féroce.

Ecrit à une époque où le sud du Viêtnam était une colonie appelée “Cochinchine”, où le Viêtnam n’avait pas d’existence aux yeux de la France, où les Viêtnamiens étaient nommés “Annamites”, où il fallait aux natifs du pays l’équivalent d’un passeport pour se déplacer de Saïgon à Hué, pour se rendre de Hué à Hanoï, ce livre figure dans mon panthéon littéraire personnel car ses multiples lectures n’en épuisent pas la puissance, n’attenuent pas sa force évocatrice.

Lorsqu’il se rend au Viêtnam en ce début des années 20 avec le seul “souci d’y observer les hommes et les moeurs, les relations des Européens et des Annamites“, l’écrivain-journaliste Werth qui “se promène” de Cholon à Sadec, de Bac Lieu à Mytho, connaît deux chocs d’une même violence : le colonialisme intégral et le Viêtnam. Son livre raconte donc le dégoût du premier et la fascination exercée par l’autre.

Et le style de Werth est précieux parce que sa sécheresse, sa précision restitue la netteté des choses vues, des “images“. Le lyrisme, under control, est poignant, la critique, froide, sans fioriture, est assassine. Sa plume est à la fois, ou tantôt, un scalpel et un pinceau. Un scalpel impitoyable pour les coloniaux qui, à de rares exceptions, sont “des caricatures d’Européens“, qui “du gouverneur au gendarme sont devenus des potentats en Asie“, dont la puissance tient à la force militaire et à l’argent mais encore plus à “la saillie de leur nez, à la couleur de leur peau“. Et qui se permettent tout : tabasser le pousse pousse et ne pas le payer, rosser en public le petit vendeur de journal. Werth, qui voit avec des yeux d’européen d’Europe, juge la déchéance morale de ces Français de “Cochinchine” : “entre cette civilisation qu’ils ignorent et l’esprit de l’Europe qui les abandonne, ils vivent aussi démunis que des sauvages“.

En contrepoint de cette société coloniale triviale, brutale et déracinée, est peinte une Asie, non totalement idyllique, non parfaite, mais qui, hommes, moeurs, paysages, lumière, comportements et attitudes naturels forme une civilisation qui étonne - et finalement subjugue. A cet égard les pages décrivant les impressions glanées entre Mékong et Bassac sont sans doute les plus belles du livre, qui montrent une vie rurale diurne et nocturne où hommes et nature semblent coexister dans une harmonie que seule la présence européenne vient rompre.

Le sociologue, l’historien et l’amoureux du Viêtnam ne ressortiront pas indemnes de Cochinchine.

Sa lecture bonifie.

Extrait :”derrière cette grille, boulevard Bonnard ou Charrère, ils sont deux, l’homme et la femme…N’était la température, je dirais qu’ils prennent le frais. Ils sont énormes, mais soufflés, gonflés. Ils portent sur ventre et seins, des visages mous comme de la vase. Et leurs petits yeux, perdus dans la masse, regardent avec insolence. Insolence? Non, c’est moi Européen à peine débarqué qui lis de l’insolence où il n’y a que parfait contentement de soi, certitude d’appartenir à race supérieure, qui porte en elle la civilisation et qui doit en préserver le prestige… La tradition du prestige européen a fait du dieu blanc colonial une sorte de dieu parvenu. Mais l’impassible et silencieux démon d’Extrême-Orient veille. Il n’opère point par revendication déclamatoire. Il est patient. Au seuil du compartiment, près de l’homme et de la femme européens, il a simplement placé, toute droite, immobile, leur bonne chinoise, au visage comme sculpté dans l’absolu, qui porte à chaque poignet un cercle de jade et qui semble, austère, délicate, une reine égarée“.

Cochinchine de Léon Werth, Editions Viviane Hamy, 249 pages.

Phở Bò

août 25, 2008

Les experts ont dit, les experts se sont plantés

HCMV- Education : Selon les statistiques actuelles du service de l’Education et de la Formation de Ho Chi
Minh Ville, sur les 130 lycées existants, 56 sont du secteur privé. Ceux-ci concentrent 15% des lycéens de la
ville. Les élèves des 30 collèges privés représentent 3% de l’effectif des collégiens de 235 établissements
secondaires de 1er cycle. Ce chiffre est inférieur au plan du ministère de l’Education et de la Formation qui
prévoyait, pour la période 2005 – 2010, 3,5% de collégiens et 40% de lycéens dans le secteur privé. (Saigon TiepThi, 11/08/08-p.33)

On en parlait en 2006. Comme quoi il semble que cette fois, nos experts aient pris leurs rêves pour tangibles réalités. Tandis que pendant ce temps, les enseignants prennent la tangente (mathématique me direz-vous, vus les salaires pratiqués). Un truc qui ferait rêver l’Education Nationale, imaginez un Mammouth auto-dégraissant :

Selon le service de l’Education et de la Formation, 1 286 enseignants de différents cycles de formation ont
démissionné au cours de l’année scolaire 2007-2008. (Saigon Giai Phong, 12/08/08-p.1)

TC

août 19, 2008

“Etre écrivain, c’est un don de Dieu”

Mercredi dernier s’éteignait à l’âge de 82 ans une des figures les plus connues de la littérature dite ‘du Sud’, l’écrivain Son Nam. Personne étonnant, l’un des meilleures hérauts du delta du Mékong qu’il a passé sa vie à essayer de faire connaître et comprendre par ses contemporains. Il fut également conseiller historique de Jean-Jacques Annaud sur le tournage de l’Amant. Son œuvre la plus connue -car elle fut portée à l’écran récemment- est Le Gardien de buffles, long métrage qui a été primé à plusieurs festivals européens.

Lorsque nous l’avions rencontré en 2004, il apparaissait déjà fatigué physiquement même si son esprit demeurait acéré. Avec lui, c’est tout une génération d’intellectuels francophones qui ont connu les grands changements du XXe siècle qui disparait dans une quasi-indifférence générale. Son Nam a fini son existence sans grande fortune, un peu à la façon des petites gens qu’il s’était attaché à décrire, en tout cas en lettré détenteur d’un héritage mixte.

Extrait d’une de ses interviews :

“Son Nam, c’est le nom de plume que j’ai pris lorsque je suis venu habiter pour la première fois à Saigon. C’était en 1954. Jusqu’alors, j’ai vécu dans la delta du Mékong jusqu’à la fin de la guerre de résistance contre les Français. Pendant ces années, j’étais dans le maquis. Je suis originaire de la province de Kiên Giang, avant c’était la province de Rach Gia. Mon père était un petit cultivateur mais qui ne cultivait pas. Il a commencé à défricher mais la terre était mauvaise, trop alunée. Alors entre autres activités, on creusait des mares et on élevait des poissons. Dans mon village natal, il y avait des familles cambodgiennes. Je parle le khmer mais je ne sais pas le lire ; à l’inverse je peux lire les caractères chinois et parler un peu le triêu châu ; c’est pour cette raison que j’ai choisi ce nom : Son, c’est un des noms que portent les familles cambodgiennes du delta du Mékong depuis le règne de Minh Mang, et Nam, c’est le Sud. C’est par amitié pour les Cambodgiens du delta du Mékong. C’est sous cette identité que je me suis installé à Saigon, que j’ai commencé à y travailler et à y écrire.Si j’ai de la reconnaissance envers la France, c’est pour sa culture et pour m’avoir accordé des bourses quand j’étais écolier et lycéen à Rach Gia puis à Cân Tho. Les auteurs français de ma jeunesse, c’est Anatole France : « Les feuilles tombent une à une sur les épaules blanches des statues etc.». J’apprécie la clarté de son style, de sa prose. Il y a aussi Alphonse Daudet ; j’aime la description qu’il fait de la vie paysanne. Il y a bien sûr Victor Hugo : « Tout homme a deux patries, la sienne et la France … ». Ce sont les trois écrivains les plus importants, avant tous les autres.

Ensuite, j’ai découvert de très nombreux autres auteurs comme par exemple Jacques Chardonne, Gérard de Nerval, Stendhal qui est peut-être le plus talentueux, Mauriac aussi ; il y a de la musique dans sa prose. Mais c’est un bourgeois catholique. Et puis des auteurs étrangers comme Joseph Conrad, Brontoë, Hémingway, Brecht, que j’ai lu par curiosité. Mais il y a surtout la poésie chinoise de l’époque Tang : Ly Thai Bach et Dô Phu.

Lorsque j’étais dans le maquis, j’ai fait partie du « Comité des lettres et des arts » (ban van nghê) de la zone de résistance IX (partie occidentale du delta du Mékong). On formait un groupe de 7 ou 8 personnes. Il y avait un militaire qui s’occupait de faire de « l’agit-prop » ; nous on faisait l’éloge des campagnes anti-françaises. On vantait l’héroisme l’héroïsme des Vietnamiens, des femmes vietnamiennes surtout. C’était des brochures d’une vingtaine de pages environ imprimées dans le maquis, avec des moyens de fortune. Au début des années 1950, on a aussi publié le journal « la lua » ; on a acheté en secret des machines d’imprimerie à Saigon ; on les a ramenées jusqu’à la forêt de U Minh et on les a installées sur une barque. J’ai écrit des premiers récits pendant cette période, j’étais jeune, c’était le moment de l’apprentissage. En 1952, j’ai gagné un premier prix pour mon récit Bên rung cu lao Dung. Mais c’est mal écrit. On ne peux pas être écrivain à 18 ans. Je crois que tous ces écrits ont été perdus.

J’ai vraiment commencé à écrire à partir de 30 ans, lorsque je me suis installé à Saigon, après les Accords de Genève de 1954, et que je suis devenu journaliste. J’ai écrit mes premières nouvelles (huong rung Cà Mau) et mes premières études sur le delta du Mékong (tim hiêu dât Hâu Giang). J’ai écrit à compte d’auteur. j’ai emprunté 1000 dông, à l’époque c’était beaucoup, avec deux copains, on avait 2000 dông. On imprimait à 1000 exemplaires et puis on vendait aux éditeurs, on mettait en consignation chez les libraires. Avec Phu Sa (nom de l’édition, littéralement « alluvions »), j’ai sorti plus d’une dizaine de livres. Ces premiers écrits et ceux qui ont suivi ont ensuite été réédités à de nombreuses reprises.

Pendant ces années, avant la libération de Saigon en avril 1975, j’ai été incarcéré deux fois, à la prison de Phu Loi, de 1961 à 1963, puis à la prison centrale de Saigon en 1974. Hormis ces périodes, je n’ai jamais cessé d’écrire, des articles dans les journaux et des livres. J’ai toujours écrit en vietnamien. Le quatrième volume de mes mémoires est sorti au moment du Têt dernier (février 2005 maison d’édition nha xuat ban Tre). Je réfléchis à la suite. Être journaliste, écrivain, c’est un don de dieu. Si mes livres sont lus, c’est parce qu’il y a peu de personnes qui parlent du sud, c’est peu développé. Moi je décris le delta du Mékong.”

TC

août 13, 2008

Le casque pour les piétons ?

HCMV- Sécurité routière :
1er semestre 2008 Par rapport au 1er semestre 2007
Accidents de route 530 - 152 (22%)
Nombre de morts 467 - 107 (17%)
Nombre de blessés 174 - 244 (58%)
Au cours du 1er semestre 2008, les principaux victimes des accidents de la route sont les piétons avec notamment 47 accidents recensés faisant état de 36 morts. 22 embouteillages de plus de 30 minutes ont été enregistrées sur les 6 premiers mois de l’année 2008, soit 10 cas de plus par rapport à la même période en 2007. Outre cette surcharge des communications routières, la présence des chantiers de construction (197 chantiers sur 77 rues) et l’inondation des voies contribuent également à l’augmentation du nombre d’embouteillages. La police routière a infligé au cours de cette période plus de 103 milliards de dongs d’amendes pour infractions au Code de la route. (Phap luat Tp. Ho Chi Minh, 07/08/08-p.4, Saigon Giai Phong, 07/08/08-p.7)

Sale temps pour les piétons. Malgré la croyance populaire qui dit que traverser la rue au Vietnam n’est pas une tentative de suicide déguisée, il semble que certains poids lourds n’aient pas la délicatesse de bien vouloir dévier leur trajectoire un chouïa…

TC

juillet 30, 2008

La police vietnamienne fait Hortefeux de tout bois

Ici pas de reconduite des étrangers à la frontière. De toutes façons, pour nos illégaux (khmers, laotiens en majorité), les frontières ne sont même pas toutes fixées! Alors où les reconduire les bougres! Pour les légaux, ils sont fichés et soigneusement pistés pour qu’on ai même pas besoin de les reconduire à la frontière : on peut faire la frontière autour d’eux.
Malgré cette lacune, le Viêt-Nam a décidé de continuer à utiliser une méthode équitable et juste comme il se doit : les quotas. Il faut dire que celle-ci semble plébiscitée par nombre de pays à la pointe des droits de l’homme.

Ce matin les policier de la zone (công an khu vực) et ceux du quartier (Công an phường) sont venus nous voir pour passer par notre jardin pour visiter le terrain d’à côté. Ils cherchaient des drogués qui s’y seraient cachés cette nuit.
En fait comme on les connaît bien (des gars sympas et serviables pour tout dire), ils nous ont un peu expliqué. Aujourd’hui c’était une journée d’action contre la toxicomanie. Ils devaient arrêter des toxicos pour les coller à l’ombre quelque temps (je vous fait grâce du procesus judiciaire, sans importance pour le déroulement de l’opération). A 8h il en était à 12 arrêtés pour un quartier de 20.000 habitants environ, mais leur chiffre était de 20, alors il fallait les trouver ces toxicos manquant à l’appel!

CPD

juillet 24, 2008

La minute de Maître Capello : “anti-sarkozysme pavlovien”.

Le Viêtnam bientôt sous les eaux, les prix du gazole et de l’immobilier qui s’envolent de Hanoï à Saïgon, le đồng qui se casse la margoulette, et en plus les Attila girls qui obstinément cachent l’éclat de jais de leur chevelure à l’oeil nostalgique du spectateur suicidaire, qui prend le risque de mater dans les rues des métropoles vietnamiennes autre chose que le bout de ses pieds ou la roue avant de sa pétrolette. Mazette, temps morose sur le Viêtnam en ce moment, apparemment, à la lecture de vos récents billets, chers tontons…

La Métropole ne peut rester indifférente à cette passagère sinistrose. Quelques petites news du Phapland vont, j’en suis persuadé, redonner le sourire - et accessoirement la naturelle confiance en soi qui depuis longtemps a fait la renommée du Français outre-mer - à mes hommies des antipodes.

Car, en sarkozye, actuellement c’est le Barnum, la poilade à tous les étages, l’énormité de la veille étant chassée par la boulette indécente du jour elle même rendue obsolète en quelques heures ; on rit, mais on rit, mes z’amis, à s’en blesser les zygomatiques…

Recontextualisons un peu, comme on dit dans les hautes sphères.

Pas plus tard qu’il y a deux jours, était votée, à 2 voix près, la réforme de notre chère Constitution, une réforme* voulue par Nicolas Ier, qui s’est tellement impliqué sur sa préparation que certains députés avaient dit n’avoir jamais subi tant de pressions durant toute leur carrière pour un vote. Parmi les “oui” à la réforme se trouvaient notamment les voix des parlementaires du parti radical “de gauche” (l’ancien parti de Nanar Tapie) et celle de Jack Lang. Ce, qui vous l’admettrez, est assez cocasse de la part de représentants dits de l’”opposition” -en tout cas élus pas vraiment sur le programme et les idées de notre bienaimé-président-qu’on-a. Bref le Jack se fait scuder par l’ensemble des ténors socialistes français. Sauf quatre.

Qui, hier, écrivent dans une tribune du “Monde” qu’il n’est pas très fair-play de toujours critiquer les réformes voulues par le mari de Carlita, bref que ce n’est pas parce qu’on est supposés être “socialistes” qu’il faut tomber dans l’”anti-sarkozysme pavlovien“.

Si la portée comique de ce vilain néologisme ne vous émeut pas, c’est sans doute car vous ne savez pas que depuis une semaine ont été votées (ou sont en cours de l’être), sous l’impulsion du sus-nommé sarkozy , des lois sur les devoirs des chômeurs, sur le service minimum à l’école en cas de grève, sur la fin des 35 heures (juste après l’annonce du non remplacement de 30000 fonctionnaires dont 14000 profs et après la parution d’un rapport dénombrant 8 millions de Français qui gagnaient moins de 800 euros/mois). Mais surtout vous ne devez pas savoir que Nico Ier a institué, pour régler une bonne fois pour toutes le passif du Crédit Lyonnais, un truc plus fort que le Kéno, le Loto et l’Euromillions réunis. Ca s’appelle le “Tribunal arbitral” et ça vient de donner - juste avant le fameux vote sur la Constitution - le nom du gagnant de la loterie : Nanar Tapie.

Montant des gains : 285.

Millions.

D’euros.

Quand je vous disais que vous alliez retrouver le sourire, les copains.

Si, malgré tout, cette affaire d’”anti-sarkozysme pavlovien” ne vous déride pas trop, repensez à cette sublime répartie de Mastroianni qui incarnait, dans “Une journée particulière” de Scola, un vieux garçon sensible - donc pas hyper à l’aise au milieu des chemises noires - habitant un immeuble romain déserté le jour de la venue d’Hitler à Rome en 1938 : “ce n’est pas moi qui suis anti-fasciste ; ce sont les fascistes qui sont anti-locataires du 4ème étage“.

Phở Bò

* : réforme dont la nocivité probable avait été passée au scanner il y a quelques jours par Badinter (qui n’est a priori pas trop un charlot en droit constit’ vu qu’il a présidé lui-même le Conseil Constitutionnel).

 

juillet 21, 2008

Les Viets mal dans leur pompe

Ça y est : depuis ce matin 10h, le prix d’un litre d’essence est passé de 14.500 đông à 19.000 đông, ce qui constitue une augmentation de plus de 30%. L’Etat vietnamien, qui subventionne les carburants, ne peut plus suivre. Tuoi Tre donne des chiffres intéressants : depuis le début de l’année 2008, l’Etat a lâché 14.525 milliards alors que sur la totalité de l’année 2007, la perte avait été de 7.400 milliards. Le ministère se gratte toujours la tête pour trouver un moyen de les récupérer d’ailleurs.

Le vietnamien moyen aussi, pour savoir comment il va faire pour s’en sortir à désormais plus de 1.15 $ le litre d’essence…

VS.

juillet 11, 2008

Après moi, le déluge

La famille en France m’a souvent demandé pourquoi je n’achetais pas au Vietnam maintenant qu’il était possible pour les étrangers d’acquérir un bien immobilier (pour 50 ans et dans certaines zones spécifiques). Mises à part les raisons financières aisément compréhensibles vus les prix astronomiques du m², voilà un autre argument facile trouvé sur le site du programme fullbright :

Vietnam is actually one of the most threatened countries in the world, due to the Mekong Delta and some other areas being so little above the sea level. A sea level rise of even half a meter would make much rice land salty and cause extensive flooding. The Mekong Delta is also threatened by some upstream developments on the Mekong River, as some dams may change the flows of silt and water, making cultivation more difficult. There is little Vietnam can do directly about these trends except to research and be prepared to switch farming methods and perhaps transfer many families now engaged in farming to non-farm activities in less threatened regions. (Building sea walls might work around cities but probably would not for large amounts of farmland.) This transfer of labor will happen anyway, but it might be necessary to accelerate if the rate of climate change is even higher than now projected.
glou-glou

glou-glou

L’hypothèse haute (soit 1 m) serait que la mer engloutisse sous les eaux environ 23% de la surface totale du pays. Sachant que 2/3 de la superficie du Vietnam est constituée de montagnes et de collines, cela laisse environ 10% de plaines pour faire vivre par l’agriculture, et notamment la riziculture, les 3/5 de la population. Et les loger. Bonne chance.

Alors investir dans la pierre sous-marine à HCMC, pour l’instant, même si je le pouvais, je crois que je passerais mon tour.

TC

juillet 11, 2008

Symagrées

La marque de moto Taiwanaise SYM a lancé sur le marché vietnamien depuis bientôt un an un nouveau modèle : le scooter ATTILA Elisabeth. Véritable copie conforme du Vespa de Piaggio, il est incroyable que la marque italienne n’ait pas encore intenté un procès pour plagiat. En tout cas, ce qui est d’autant plus remarquable, c’est qu’à la vue du nombre incalculable de ces engins qui jalonnent les rues de Sài Gòn, le succès commercial est indéniable. SYM a visé juste en ayant eu pour cible une nouvelle “espèce” sociale : non pas la ménagère de moins de 50 ans, mais la “working-girl” de moins de 30 ans (notre ami KCA aurait-il écrit la “pouf” de moins de 30 ans?). A la manière de ce qui a déjà été écrit sur ce même blog, voici le portrait - tout à fait subjectif - de cette “Attila girl”.

 

L’Attila girl est née dans les années 80. Elle aime ce qui brille. Elle aurait préféré s’offrir un Vespa, mais l’Attila coûte moins cher. Alors, elle le personnalise. Elle va chez le premier “dán keo xe” faire décorer la carrosserie avec de beaux autocollants “Hello Kitty” ou tout autre imagerie qu’affectionne la jeune fille nubile en mal d’enfance. Le mois prochain, l’Attila girl achètera une nouvelle selle, plus “fashion”, si possible une belle imitation ”Louis Vuitton”. Pour l’Attila girl, c’est ce qui va le mieux avec la déco “Hello Kitty”.

L’Attila girl aime la mode. Elle aime qu’on la regarde. Mais l’Attila girl, elle, n’aime pas regarder l’autre. L’Attila girl est fière : le regard hautain, le buste tendu vers l’avenir et son prochain avancement. Car l’Attila girl, fraîchement diplômée de l’Université d’Economie, travaille pour une entreprise étrangère. Son rêve est de poursuivre ses études aux States, son patron lui en d’ailleurs déjà parlé.

L’Attila girl a un laptop dans le sac à main et va vite squatter le wifi d’un Highlands Coffee pour chatter avec ses copines. Mais l’Attila girl ne vérifie pas sur internet ce qu’Attila veut dire. Elle ne sait pas qu’Attila était un chef barbare, le roi des Huns. En Histoire, l’Attila girl est plutôt la reine des zéros.

Mais à notre Attila girl, on lui pardonne tout, car à l’observer, les longs moments passés dans les embouteillages nous paraissent beaucoup plus courts…

Vú Sữa.